Fiche ATSEM · Premiers secours
Les chutes et traumatismes : fractures, entorses et immobilisation
Réagir face à un membre douloureux, une déformation ou un traumatisme après une chute
Les chutes chez le jeune enfant
La chute est l'un des accidents les plus fréquents en maternelle : dans la cour, sur les jeux, en montant sur un mobilier, dans les escaliers. Elle peut provoquer des lésions bénignes (bosse, égratignure, ecchymose) mais aussi des traumatismes plus sérieux : fracture, entorse, luxation, ou traumatisme crânien. Face à une chute, on observe l'enfant, on cherche une douleur localisée, une déformation, un gonflement, une impossibilité de bouger un membre ou de s'appuyer dessus. Le principe général est de ne pas mobiliser inutilement la partie blessée et de rassurer l'enfant, souvent effrayé et douloureux.
Reconnaître une fracture, une entorse, une luxation
La fracture est une rupture d'un os : elle se manifeste par une douleur vive, un gonflement, parfois une déformation visible ou une position anormale du membre, et l'impossibilité de s'en servir. L'entorse touche une articulation (souvent la cheville) : les ligaments sont étirés ou déchirés, avec douleur, gonflement et difficulté à bouger. La luxation est un déboîtement de l'articulation, avec déformation. Sans radiographie, il est impossible de distinguer avec certitude une fracture d'une entorse : dans le doute, on traite toujours comme une fracture, c'est-à-dire en immobilisant sans forcer et en évitant tout mouvement de la zone atteinte.
Les gestes : immobiliser sans mobiliser
Devant un traumatisme d'un membre, la règle est de ne pas bouger la partie blessée et de ne jamais tenter de remettre un os ou une articulation en place. On installe l'enfant dans la position la moins douloureuse, on immobilise le membre tel qu'il se trouve, on peut appliquer du froid (poche de glace entourée d'un linge, jamais directement sur la peau) pour limiter la douleur et le gonflement. On alerte les secours ou les parents selon la gravité, et on surveille l'enfant. On ne donne rien à boire ni à manger si une prise en charge médicale ou une anesthésie est envisageable.
Le traumatisme crânien : une vigilance particulière
Après un choc à la tête, même sans plaie, une surveillance s'impose. Les signes qui doivent alerter et conduire à appeler le 15 sont : perte de connaissance même brève, vomissements répétés, somnolence anormale, maux de tête intenses et persistants, troubles du comportement, de la vision ou de l'équilibre, saignement par le nez ou les oreilles, convulsions. Ces signes peuvent apparaître à distance du choc, d'où l'importance d'informer les parents pour qu'ils surveillent l'enfant dans les heures qui suivent. En cas de suspicion de traumatisme du dos ou du cou, on ne mobilise surtout pas la victime et on attend les secours.
À retenir
- Dans le doute entre fracture et entorse, on traite comme une fracture
- Ne jamais remettre en place un os ou une articulation déboîtée
- Immobiliser le membre dans la position où il se trouve, sans forcer
- Le froid s'applique enveloppé dans un linge, jamais à même la peau
- Traumatisme crânien : surveiller perte de connaissance, vomissements, somnolence
- Suspicion de lésion du cou ou du dos : ne pas mobiliser, alerter le 15
Pièges fréquents
- Vouloir 'remboîter' une articulation luxée ou redresser un membre déformé
- Croire qu'une absence de déformation exclut une fracture
- Appliquer la glace directement sur la peau, risquant une gelure
- Faire marcher ou déplacer un enfant suspect de traumatisme du dos ou du cou
- Négliger un traumatisme crânien parce que l'enfant semble aller bien juste après le choc
- Donner à boire ou à manger alors qu'une intervention médicale est possible
Passer de la fiche à l'entraînement
Créez un compte gratuit pour vous entraîner en QCM sur ce thème, en illimité, et suivre votre progression.
→ QCM ATSEM gratuits — Premiers secours
Autres fiches — Premiers secours
- Protéger, alerter, secourir : la chaîne des secours
- Les numéros d'urgence en France
- L'étouffement chez l'enfant et l'adulte
- Les brûlures : gravité et conduite à tenir
- Plaies et saignements : agir sans aggraver
- La position latérale de sécurité (PLS)
- Les convulsions fébriles du jeune enfant
- Le malaise et la trousse de secours
- L'arrêt cardiaque : réanimation cardio-pulmonaire et défibrillateur
- La noyade et les accidents en milieu aquatique
- Les intoxications chez l'enfant : produits, médicaments et plantes
- Piqûres, morsures et choc anaphylactique
- Le PAI et les urgences liées aux maladies chroniques de l'enfant
- La fièvre et le coup de chaleur chez le jeune enfant
← Toutes les fiches de révision ATSEM · Le guide complet du concours ATSEM